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Points d'éclairage sur la liturgie

Table


Le soin de la liturgie selon Léon XIV

(aux prêtres et aux personnes consacrées à Notre-Dame, 26 sept. 2026)

Nous ne devons pas oublier que la finalité pour laquelle ce Temple, comme toutes les autres églises, a été érigé est la prière et la louange de Dieu. C’est le lieu où la communauté chrétienne célèbre la forme la plus élevée de prière et de louange, en renouvelant dans l’Eucharistie le sacrifice rédempteur du Christ. (...) 

Aujourd’hui plus que jamais, nous vivons dans une époque qui semble dépourvue de plénitude, de profondeur et de promesses. La noble simplicité du chant, de la parole, du geste liturgique peut représenter pour beaucoup une lueur d’espérance, une oasis de paix dans une société hyper connectée et bruyante, où l’on peut faire l’expérience de la présence de l’Auteur du plus grand amour : « Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils » (Ga 4, 4). La célébration de l’année liturgique, du dimanche et des fêtes, fait également de nous des contemporains du Christ, attentifs aux différents moments de sa vie qu’Il a entièrement donnée au Père pour le monde. Nous devenons, de la sorte, plus sensibles et plus ouverts aux signes des temps. En effet, l’écoute communautaire des Écritures et la prière nous permettent de voir les événements historiques à la lumière de Dieu - nous rendant plus conscients de nos responsabilités-, de démasquer les rapports de pouvoir injustes et de préserver les germes de justice et de paix. C’est donc l’espérance qui nous anime, et non la résignation. Et c’est de là que naissent des liens d’une plus grande fraternité, des réseaux de solidarité, fruit de la communion à l’unique Sacrifice du Christ.

À vous qui célébrez quotidiennement l’Eucharistie, je demande de veiller à ce que les célébrations liturgiques soient toujours vécues avec dignité et convenance, même là où de plus petites communautés se rassemblent. Soyez les héritiers conscients des Pères et des Saints de l’Église qui, au fil des siècles, nous ont transmis la signification profonde et la beauté de la liturgie, en témoignant toujours d’une grande humilité face au Mystère célébré. Le Concile Vatican II, dont la richesse doit beaucoup à la France, a recueilli et approfondi cet héritage de manière éminente, en reconnaissant son rôle central dans la vie ecclésiale (cf. Sacrosanctum Concilium, n. 10). Je vous exhorte donc tous, évêques, prêtres, diacres et personnes consacrées, à cultiver un amour authentique pour la liturgie et à être témoins et serviteurs de la vocation prophétique, sacerdotale et royale de tout le peuple de Dieu.

La liturgie reste en cela un reflet de la vie. La joie eucharistique s’affirme et se répand là où l’harmonie est retrouvée, là où la dignité renaît, là où l’autorité devient service, là où la liberté reprend son cours. C’est le plus grand don que nous puissions partager. Faites donc passer la communion avec le Successeur de Pierre et avec l’Église avant vos sensibilités personnelles, afin de cultiver l’unité du peuple de Dieu. Ensemble, nous serons la prophétie qu’un monde réconcilié est possible.

Le silence

Le silence dans la Présentation générale du Missel romain

« 45. Le silence sacré fait partie de la célébration : il doit aussi être observé en son temps. Sa nature dépend du moment où il trouve place dans chaque célébration. En effet, 

    • pendant l’acte pénitentiel et après l´invitation à prier, chacun se recueille ;
    • après une lecture ou l´homélie, on médite brièvement ce qu´on a entendu ;
    • après la communion, le silence permet la louange et la prière intérieure. 
    • Dès avant la célébration elle-même, il est bon de garder le silence dans l’église, à la sacristie et dans les lieux avoisinants, pour que tous se disposent à célébrer les saints mystères religieusement et selon les rites. »

« 56. La liturgie de la Parole doit se célébrer de manière à favoriser la méditation, c’est-à-dire en évitant toute forme de précipitation qui empêche le recueillement. Il est même bon qu’elle comprenne quelques brefs moments de silence, adaptés à l’assemblée réunie : par ce moyen, avec l’aide de l’Esprit Saint, la parole de Dieu est accueillie dans le cœur et la réponse de chacun se prépare dans la prière. Ces moments de silence peuvent être observés opportunément, par exemple avant de commencer la liturgie de la Parole, après la première et la seconde lecture, et enfin après l’homélie. »

Le chant

Le chant dans la Présentation générale du Missel romain

Lien du texte : L'importance du chant

Catéchèse du Pape Léon XIV

L'avertissement de st Augustin à propos du chant dans l'Église

A nul autre pareil, le passage des Confessions de saint Augustin sur le chant dans l'Église permet de comprendre à la fois toute sa place et toute son utilité en même temps que sa limite. Le chant est ordonné à plus haut, et c'est de ce « plus haut » qu'il tient sa bonté et la manière dont il peut être pratiqué. D'où aussi la nécessité des moments de silence, pour goûter plus en profondeur à ce "plus haut".

« Parfois aussi je dépasse la mesure, pour me garder de cette duperie même, et je m'égare par un excés de sévérité ; mais je vais si loin, par moments, que pensant à toutes les mélodies et suaves cantilènes qui accompagnent généralement les Psaumes de David, je voudrais les écarter de mes oreilles et de celles de l’Église elle-même. Alors me parait plus sûre la pratique de l'évêque d'Alexandrie, Athanase ; on m'a dit souvent, je m'en souviens, qu'il faisait prononcer le lecteur du psaume avec une flexion si légère de la voix que c'était plus près de la récitation que du chant.

Cependant, lorsque je me souviens de mes larmes, que j'ai versées aux chants de l'Église dans les premiers temps de ma foi recouvrée ; lorsque, aujourd'hui encore, je me sens ému, non par le chant, mais par les choses que l'on chante, si c'est d'une voix limpide et sur un rythme bien approprié qu'on les chante ; alors la grande utilité de cette institution s'impose de nouveau à mon esprit. 

Je flotte ainsi, partagé entre le danger du plaisir et la constatation d'un effet salutaire. J'incline plutôt, sans émettre toutefois un avis irrévocable, à approuver la coutume du chant dans l'Église, afin que, par les délices de l'oreille, l'esprit encore trop faible puisse s'élever jusqu'au sentiment de la piété. Mais, quand il m'arrive de trouver plus d'émotion dans le chant que dans ce que l'on chante, je commets un péché qui mérite punition, je le confesse ; et j'aimerais mieux alors ne pas entendre chanter. » (Confessions, X, 33, Bibliothèque Augustinienne, p. 231)

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